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La révolution invisible : comment les lunettes AR réussissent enfin

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Avez-vous déjà essayé de véritables lunettes de réalité augmentée (RA) ?

Je ne parle pas des “lunettes connectées” qui se contentent de diffuser de la musique ou de passer des appels (comme les Ray-Ban Meta ou Xiaomi), ni des casques lourds type Meta Quest ou Apple Vision Pro. Je fais référence à ces “lunettes du futur” qui ressemblent à des lunettes classiques, mais qui peuvent superposer des informations directement sur les verres.

Cette technologie, jusque-là seulement présente dans les films de science-fiction et les laboratoires de recherche, est aujourd’hui un enjeu majeur pour toutes les grandes entreprises tech. Meta, Apple et Google expérimentent en secret de nouveaux dispositifs, allant jusqu’à envisager ces lunettes comme la prochaine révolution capable de remplacer le smartphone.

Si les lunettes de RA semblaient encore immatures jusqu’à présent, avec de nombreuses limites en termes d’expérience utilisateur, à partir du second semestre de cette année et tout au long de 2026, ce secteur connaîtra une croissance exponentielle. Nous verrons des solutions à la fois plus pratiques et accessibles devenir de véritables produits de masse.

Meta : un périscope intégré dans les verres

Il y a un mois, Meta a dévoilé ses premières lunettes à affichage intégré, les Ray-Ban Display, suscitant un vif intérêt. C’est aujourd’hui la forme la plus optimisée et la technologie de lunettes de RA la plus avancée. Ceux qui les ont testées confirment : le futur est là.

Ces lunettes intègrent une innovation majeure : lorsque l’écran est allumé, il n’y a littéralement aucune réflexion visible ni fuite de lumière à l’extérieur, exactement comme avec des lunettes classiques. C’est une différence notable avec d’autres lunettes de RA déjà sur le marché.

L’agence spécialisée iFixit a découvert le secret technique derrière cette prouesse. Tout repose sur la confrontation entre deux approches très différentes :

La voie classique (guide d’ondes diffractif) : C’est comme « graver » des millions de micro-chemins sur le verre grâce à la nanotechnologie, permettant à la lumière de circuler jusqu’à l’œil. Mais la lumière peut facilement s’échapper ou « fuir » sur ces trajets complexes, faisant briller le verre de l’extérieur.

La voie choisie par Meta (guide d’ondes géométrique) : Ce système ressemble davantage à un « périscope ». Il utilise une série de prismes et miroirs microscopiques sur les bords du verre pour refléter directement la lumière du projecteur vers l’œil, comme un relais. Grâce à un trajet lumineux plus simple et direct, il y a très peu de fuite.

L’absence de fuite lumineuse est impressionnante. Elle résout un des principaux problèmes sociaux des lunettes de RA : lorsqu’on vous parle, si la lumière est visible sur vos verres, cela crée une barrière, empêchant le contact visuel normal. C’est aussi pourquoi l’Apple Vision Pro a été conçu pour afficher les yeux de l’utilisateur.

La stratégie d’Apple : pas un iPhone, une Apple Watch d’abord

Sur le plan logiciel et écosystème, Apple suit une approche différente.

Face à la petite taille et aux capacités limitées des lunettes, il est compliqué d’installer un système d’exploitation complet comme sur un téléphone. La solution d’Apple est astucieuse : ses premières lunettes ne remplaceront pas l’iPhone, mais fonctionneront plutôt à la manière d’une Apple Watch, en assistant puissamment l’iPhone et le Mac.

Connectées à un iPhone, elles afficheront une interface simplifiée, exploitant la puissance de calcul du téléphone. Associées à un MacBook, elles pourraient offrir une expérience enrichie avec le système visionOS.

C’est une stratégie typiquement Apple : tirer pleinement parti de son écosystème matériel. Imaginez naviguer sans sortir votre téléphone, ou voir des modèles 3D flotter devant vos yeux pendant que vous travaillez. C’est déjà une véritable révolution.

Bien sûr, Apple devra aussi gérer la latence des connexions sans fil. Fidèle à ses habitudes, la firme devrait développer une solution de connexion unique pour ses lunettes, à l’image des puces propriétaires intégrées aux AirPods — un exemple parfait de ce que seul Apple sait faire.

Résoudre d’autres problématiques

Au-delà de l’affichage et de l’écosystème, le marché s’attaque déjà à d’autres faiblesses des lunettes de RA :

Autonomie : Certaines entreprises, comme Quark, ont opté pour une batterie remplaçable. Les branches des lunettes contiennent les batteries qui, une fois déchargées, peuvent être simplement retirées et remplacées, à la manière d’une cartouche d’encre. Cela permet une autonomie d’une journée complète — une solution pratique et efficace en attendant des progrès dans les batteries.

Souplesse de correction : Les porteurs de myopie ont souvent besoin de verres sur mesure, ce qui complique l’usage. Certains fabricants comme XREAL innovent avec un film adhésif clair unique appliqué sur le verre pour modifier la correction optique, simplifiant grandement la vie des utilisateurs.

Les lunettes de RA arrivent à maturité

La plupart des technologies évoquées ne seront pas les solutions définitives, mais elles représentent, face aux contraintes actuelles, des choix ingénieux et pragmatiques.

En regardant le passé, chaque nouvelle génération d’appareils a suivi un chemin similaire : les smartphones ont connu leurs limites de batterie et d’écran tactile capricieux ; les montres connectées ont d’abord été moquées comme étant gadgets.

Plutôt que de rester un concept idéaliste cantonné aux laboratoires, disposer de produits réellement utilisables dans les mains des consommateurs signifie que les lunettes de RA quittent leur statut d’idée en développement pour entrer dans une phase concrète. Pour faire une analogie, les lunettes connectées en RA sont aujourd’hui au stade des téléphones mobiles basiques juste avant l’avènement du smartphone. Leur moment iPhone approche.

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